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Les transformations de l’économie : l’agriculture
La place du secteur agricole se mesure à sa contribution à la formation du produit intérieur brut (17 p. 100), à sa part dans l’emploi national (autour de 35 p. 100) et à sa participation dans les échanges (un quart de la valeur des exportations). Cette dimension comptable est ambiguë, car fonctionnent deux agricultures aux caractères distincts. L’agriculture vivrière, zone de bour (culture sèche) ou de petite hydraulique, caractérisée par la pauvreté des moyens de production et la médiocrité des rendements, fut négligée par l’État bien que regroupant la majorité des surfaces cultivées et des hommes. L’agriculture moderne, dynamique et performante, est l’objet de toutes les attentions de l’État moderne qui favorise la grande hydraulique, les cultures d’exportation, les productions sous contrat... L’agriculture vivrière « néo-traditionnelle » occupe les trois quarts de la surface cultivée des plaines et des collines. La médiocrité des rendements, comparativement aux potentialités des milieux régionaux, s’explique autant par la faiblesse et les irrégularités des précipitations - près de 90 p. 100 des terres sont en agriculture pluviale - qu’en raison de la persistance de méthodes de travail et d’organisation de l’exploitation, de faible niveau technique. La fragilité économique et sociale des exploitations tient aussi à l’inégale répartition de la surface agricole utile. 5 p. 100 des exploitants contrôlent 40 p. 100 des terres melk , 57 p. 100 des foyers ruraux sont propriétaires d’exploitations de moins de 5 hectares, très morcelées, cinq ou six parcelles en moyenne, tandis que le quart des exploitants ne possèdent pas de terre. Les conditions du maintien de rapports sociaux de faible efficacité économique sont réunies, capitalisme de rente et fréquence de contrats de métayage (bel khobza ).
Les cultures vivrières sont dominées par les céréales qui occupent plus de 5 millions d’hectares. La production, vulnérable aux aléas climatiques, enregistre des variations brutales et amples ; au cours des années 1980, elle a chuté à 20,5 millions de quintaux (Mq) et s’est redressée pour atteindre 79,4 Mq. Les céréales de printemps, autres que le maïs (4,3 Mq), n’ont pas réussi leur percée et n’occupent que des superficies restreintes : sorgho et riz, environ 21 000 hectares. Parmi les céréales d’hiver, l’orge, cultivée sur les marges défavorables du bour, occupe les plus grandes superficies (47 p. 100). Le blé dur, adapté aux traditions culturales du monde paysan, cède la place au blé tendre. La progression de celui-ci tient aux progrès techniques (rationalisation des méthodes de culture, utilisation d’intrants, diffusion de nouvelles variétés) comme aux changements dans les habitudes de consommation que favorise le soutien des prix à la consommation de la « farine blanche ». Le blé tendre est cultivé en association, sur les riches terres agricoles du Saïs, du Rharb et des plaines de la Chaouïa et des Doukkala. Les rendements sont plus élevés sur les terres irriguées, dépassant 25 quintaux à l’hectare contre 14 en moyenne. Les légumineuses (fèves, pois chiches, lentilles, etc.) cultivées sur les espaces les plus « traditionnels », soumis aux rigueurs climatiques, n’occupent qu’une superficie réduite (environ 500 000 ha) pour une production de 3,5 Mq.
L’élevage conserve une place éminente, intéressant près d’un million d’agriculteurs-éleveurs. Les ovins (14 millions de têtes, en 1990) sont élevés sur les parcours des plateaux et des montagnes, tandis que les caprins (5,3 millions de têtes) sont nombreux dans les provinces méridionales, le Rif et l’Oriental. L’élevage bovin (3,3 millions de têtes) souffre, comme les autres secteurs, de bas rendements consécutifs au caractère extensif et complémentaire : races locales et pacages sur les bours et les montagnes (Moyen Atlas et Plateau central). Dans le cadre du plan laitier, l’État a pris des mesures d’encouragement à la production : races bovines sélectionnées, développement des cultures fourragères, mise en place de réseaux de collecte de lait et de coopératives. Néanmoins, faute de les étendre au monde des petits éleveurs, le potentiel d’élevage demeure sous-utilisé. Aussi, la production de viande et de lait est-elle devenue déficitaire depuis 1974. Les faiblesses structurelles de l’agriculture vivrière contribuent, avec la pression démographique, l’urbanisation et les transformations de la consommation alimentaire, à creuser le déficit alimentaire. En 1990, 1,35 million de tonnes de blé furent importées pour une valeur de 1,4 milliard de dirhams.
Le gouvernement a misé sur la grande hydraulique - une soixantaine de barrages régularisent 9,5 milliards de mètres cubes - et a confié aux offices régionaux de mise en valeur agricole l’équipement de neuf périmètres irrigués et l’encadrement des agriculteurs. Deux sont situés en région aride et semi-aride : Tafilelt et Draa ; les autres appartiennent aux régions à régime pluviométrique plus favorable. Les périmètres - équipés de grande hydraulique - du Tadla (environ 100 000 ha), du Rharb (80 000 ha), de basse Moulouya (65 000 ha) et des Doukkala (60 000 ha) sont les plus étendus. Comme la petite et la moyenne hydraulique fournissent un apport complémentaire d’environ 120 000 hectares, le Maroc possède, au début des années 1990, un patrimoine imposant d’environ 850 000 hectares irrigués.
La grande hydraulique a démontré, sur le plan technique, un savoir-faire remarquable dont témoignent les barrages-réservoirs, les damiers réguliers des périmètres et l’ordonnance des paysages. Pourtant, le coût exorbitant des aménagements - 70 p. 100 des investissements publics agricoles - et des charges, comme le système d’incitation à la modernisation (subventions aux intrants, crédit, mesures fiscales, etc.), socialement très sélectif, ont remis en question le bien-fondé de la stratégie de développement. Parmi les principaux griefs, on retient le contrôle renforcé de l’État (du technicien) sur les zones riches et la déresponsabilisation du fellah, la dépossession des petits agriculteurs au profit des « gros », progrès technique et injustice sociale allant de pair. La participation effective des usagers, la revitalisation des structures paysannes intermédiaires et un nouveau statut social pour le fellah requièrent une « nouvelle donne hydraulique ».
Les cultures industrielles (betteraves, canne à sucre et, secondairement, coton) ainsi que l’agrumiculture et les cultures maraîchères ont bénéficié des aides et des encouragements de l’État, tant en amont de la production (financement et équipement des réseaux d’irrigation) qu’en aval (organisation des circuits de commercialisation). Le pays importait, en 1963, la totalité du sucre brut. Le démarrage de la sucrerie du Beth (Sunab) fut le point d’ancrage d’une production sucrière nationale. Le plan sucrier était fondé sur la production de sucre de betterave dans les périmètres du Rharb, du Tadla, des Doukkala, de la Moulouya et du Loukkos. L’encadrement technique de la production et des prix incitatifs ont permis d’atteindre 63 000 hectares en betterave sucrière (2,9 millions de tonnes). Avec des rendements moyens de 50 tonnes à l’hectare (betterave) et de 70 tonnes à l’hectare (canne à sucre), pour une production totale de 4 millions de tonnes, le Maroc satisfait les deux tiers de ses besoins. Les oléagineux ont connu des progrès spectaculaires. La culture du coton est pratiquée exclusivement dans le périmètre du Tadla (15 000 ha en moyenne) ; celle du tournesol, dans le Rharb jusqu’en 1987, a gagné d’autres régions. Les agrumes couvrent une superficie d’environ 70 000 hectares dont les trois quarts sont situés en périmètres irrigués : Rharb, Souss Massa, Haouz et région Beni Mellal. La production, spécialisée dans les variétés tardives (Maroc-late, clémentines) de 1,4 million de tonnes, en 1989, est destinée pour plus de 50 p. 100 à l’exportation sur les marchés de l’Union européenne. Les cultures maraîchères couvrent des superficies supérieures à 170 000 hectares dont 20 000 en primeurs. Malgré les aides de l’État et les investissements du capital financier, les exportations rencontrent des difficultés, en raison des concurrences externes, notamment celle des États méditerranéens de l’Union européenne. Néanmoins, elles demeurent un poste important de recettes.
L’agriculture fonctionne, ainsi, à plusieurs vitesses et génère, tant les déséquilibres internes, techniques et culturels sont puissants, de violents contrastes de niveaux de vie, difficiles à réguler. Or les choix politiques récents de désengagement de l’État risquent d’aggraver les dysfonctionnements. Que deviennent les projets de développement rural intégré situés dans les zones de bour (projets Fès-Karia-Tissa, El Hajeb, Oulmes-Rommani...) et les ambitions d’assurer la transition des campagnes « vivrières » vers les formes modernes d’organisation de la vie rurale, si les soutiens et les actions de l’État s’effacent pour laisser le champ libre aux seuls mécanismes du marché ?
Le secteur minier et énergétique.
Le sous-sol marocain recèle les plus riches réserves de phosphates du monde, estimées à 60 milliards de tonnes. Elles constituent la première richesse du pays. La production annuelle, autour de 20 millions de tonnes, provient principalement des gisements des Ouled Abdoun et des Ganntour. Le monopole d’exploitation et d’exportation est confié à l’Office chérifien des phosphates (O.C.P.) qui emploie 30 000 personnes. Le groupe O.C.P. poursuit la réalisation de divers projets parmi lesquels figurent l’extension des zones de production de Khouribga et de Benguerir, l’exploitation des gisements de Sidi Hajjaj et de Meskala. La société Phosboucraa, dans laquelle l’O.C.P. détient 65 p. 100 des parts et l’Espagne 35 p. 100, exploite les phosphates sahariens (gisement d’oued Eddahab). La transformation et la valorisation des phosphates sont le principal objectif, malgré l’extrême vulnérabilité de cette matière aux variations des cours ; ce but est atteint pour plus du tiers de la production totale. Le complexe industrialo-portuaire de Jorf Lasfar, port inauguré en 1982 - capacité de transit prévue de 42 Mt -, a bénéficié des trois quarts des investissements réalisés par la puissance publique, dans le domaine de la chimie, durant les vingt dernières années. Grâce à la mise en fonctionnement des unités de production de Maroc-Phosphore III et IV, le Maroc dispose, désormais, d’un outil de production extrêmement puissant. Le phosphate et ses dérivés constituent le principal poste des exportations (83 p. 100 des recettes). Les autres gisements miniers sont de faible importance. La production de minerai de fer (région de Nador) et de pyrrhotine (Kettara) a chuté, celle de minerai de plomb (Aouli-Mibladène) et de zinc (Touissit) régresse, celle de minerai de cuivre (Bleïda et Bou Gaffer) et de manganèse (Imini) stagne.
Dépourvu de pétrole et pauvre en charbon (les mines d’anthracite de Jerada fournissaient 526 000 tonnes en 1990), le Maroc est tributaire de l’étranger dans le domaine énergétique. Sa dépendance quasi totale pour le pétrole représente une lourde charge, accaparant jusqu’à 50 p. 100 des recettes d’exportation. La production énergétique appelée sur le réseau de l’Office national d’électricité a été de 9 371 gigawattheures en 1990, assurée pour près de 85 p. 100 par les centrales thermiques de Mohammedia, Kenitra et Jerada. Afin de réduire la dépendance pétrolière, le Maroc poursuit la mobilisation de son potentiel hydraulique et envisage une optimisation de la recherche dans les domaines du pétrole, du gaz et du charbon et le recours à l’énergie nucléaire.
L’industrie marocaine
Les plans de développement n’ont eu de cesse d’encourager l’industrie, évoquant l’ardente nécessité de promouvoir les exportations de produits manufacturés - participation plus active aux marchés de sous-traitance internationale - sans négliger, pour autant, les industries de substitution dans les secteurs des biens d’équipement et intermédiaires, d’encourager la création des petites et moyennes entreprises, terreau des emplois industriels peu capitalistiques, et la régionalisation de l’investissement. L’appareil productif demeure de taille modeste, inégalement étoffé et mal réparti géographiquement, en dépit des efforts consentis et de codes des investissements favorables. L’industrie manufacturière ne contribue que pour 17 p. 100 à la formation du P.I.B. et emploie 335 000 actifs du secteur structuré. Cependant, nombre de petites entreprises ressortissent à la petite production marchande, employant une abondante main-d’oeuvre faiblement qualifiée, souvent exploitée et sous-payée.
La progression des emplois, qui n’étaient que de 100 000 en 1967, n’a pas atténué les contrastes régionaux. La conurbation atlantique regroupe les deux tiers des unités de production et près de 70 p. 100 de l’emploi industriel. Le pôle casablancais, incluant Mohammedia et la couronne périurbaine, composée des petits centres industriels de Dar Bouazza, Bouskoura, Mediouna, Tit Mellil, Ain Harrouda, rassemble 62 p. 100 du total. Les autres foyers industriels paraissent, par contraste, de très faible poids. Seuls émergent Tanger, désormais deuxième ville industrielle (20 000 emplois), spécialisée dans le textile et la confection, et Fès (16 000 emplois). Safi (chimie), Meknès (agroalimentaire), Marrakech et Agadir (6 000 emplois) sont les autres foyers de quelque importance. Malgré les tentatives de déconcentration de l’appareil productif - trente-cinq zones industrielles crées, et instauration de dispositions juridiques et financières favorables aux provinces -, l’industrie échappe peu à l’emprise casablancaise. Guère plus de 10 p. 100 de la main-d’oeuvre industrielle trouve un emploi dans les moyennes et petites villes. À l’exception des périphéries de Casablanca et de Rabat-Salé, n’apparaissent sur la carte que les petites constellations industrielles du Rharb, du Tadla, des Doukkala et du Souss.
L’industrie marocaine présente une structure sectorielle assez diversifiée, mais déséquilibrée. Les entreprises productrices de biens de consommation finale, peu capitalistiques, utilisant une main-d’oeuvre attachée à des postes de travail sans qualification, sont les plus nombreuses. Les industries agroalimentaires, celles du textile, de l’habillement et du cuir occupent plus de 60 p. 100 des actifs du secteur répertorié. Les industries agroalimentaires souffrent d’une trop grande dispersion, de déficits d’organisation et de gestion, de l’inadaptation des équipements et des infrastructures, à l’image de la pêche dont l’armement est dépassé. L’État a concentré ses efforts sur l’industrie sucrière. La construction d’une quinzaine de sucreries (7 dans le Rharb, 3 dans le Tadla) a permis de satisfaire la demande intérieure en sucre raffiné. Les industries du textile et de l’habillement emploient plus du tiers de la main-d’oeuvre. Longtemps concentrée dans la zone Casablanca-Mohammedia, l’industrie textile (fils, tissus, etc.) a essaimé à Fès (usines intégrées de la Cofitex et de la Cotef), à Oued Zem et à Kasba Tadla où fonctionnent deux filatures de coton. Les ateliers de confection et de bonneterie, structurés ou informels, se sont multipliés dans un certain désordre. S’ils rencontrent de notables succès à l’exportation, encore que se dressent de multiples obstacles à la pénétration des marchés extérieurs, ces secteurs supportent de lourds handicaps : dépendance à l’égard de l’étranger, insuffisance de l’intégration industrielle, faible valeur ajoutée...
Les industries métallurgiques, en l’absence de complexe sidérurgique (simple laminoir à Nador), occupent une place modeste. L’État a avancé un projet de développement des activités énergétiques : raffinage de pétrole et production électrique. L’effort principal a porté sur la réalisation d’une seconde raffinerie de pétrole et d’un complexe des huiles lubrifiantes à Mohammedia, tandis que la production électrique a bénéficié de l’entrée en service de deux importantes centrales thermiques à Mohammedia et à Kenitra.
Le secteur de la chimie constitue la base de l’industrie marocaine : transformation des phosphates en acide phosphorique et engrais. Après Maroc-Chimie, Maroc-Phosphore I et II à Safi, l’effort s’est focalisé sur Jorf Lasfar. Dans le cadre du plan cimentier et pour répondre à une demande en progression, le secteur du ciment a connu une forte impulsion du fait de l’extension des capacités de production des unités d’Agadir, Temara, Tanger et Tétouan, de la réalisation des projets Lafarge II et de la cimenterie de l’Oriental.
Les activités tertiaires
Le réseau des transports permet de bonnes relations interrégionales et internationales. Le réseau ferroviaire a peu évolué depuis l’indépendance ; une seule liaison nouvelle, Nouasser-Jorf Lasfar, ouverte en 1987, a enrichi le réseau, long de 1 893 kilomètres, dont 974 électrifiés. Douze millions de voyageurs et 29 millions de tonnes (dont 68 p. 100 de phosphates) ont été acheminés en 1990. Les projets de l’Office national des chemins de fer concernent plus le renforcement des grandes lignes qu’un élargissement du champ d’action ; l’axe Marrakech-Laayoun, long de 900 kilomètres et d’un coût considérable, relève encore de l’intention politique.
Le réseau routier à grande circulation est infiniment plus complexe, dense et de qualité : 60 000 kilomètres de routes, dont la moitié revêtue. L’ouverture de nouvelles voies à grandes circulation et de pistes carrossables permet une meilleure circulation des hommes et des marchandises. Le désenclavement régional a contribué, avec le resserrement des réseaux administratifs (41 provinces et 18 préfectures), à la diffusion des éléments de progrès : école, dispensaire, etc., et à l’intégration des sociétés rurales dans les réseaux d’échanges mercantiles.
Les échanges du Maroc avec l’extérieur s’effectuent presque exclusivement par la voie maritime. L’infrastructure portuaire se compose de huit ports de desserte nationale et internationale, d’une dizaine de ports à caractère régional. En 1990, Casablanca (16 Mt) n’assurait que 42 p. 100 du trafic, suppléé en partie par Mohammedia, port pétrolier (5,9 Mt), et Jorf Lasfar (5,6 Mt). Safi (4,7 Mt), grâce aux phosphates, échappe à la médiocrité du trafic des autres ports. Tanger demeure le seul port de voyageurs (plus de 1,1 million de passagers) emprunté par les travailleurs marocains à l’étranger lors de retours temporaires au pays et par les touristes.
Le transport maritime s’élève à 38 Mt en 1990 ; les importations en représentent près de la moitié, les postes principaux étant les produits énergétiques, les céréales, le soufre brut ; les exportations portent encore, pour l’essentiel, sur les produits bruts d’origine minérale et les biens alimentaires, même si des progrès notables ont été accomplis dans le domaine des demi-produits (engrais et acide phosphorique). La valeur des importations a progressé rapidement, creusant le déficit de la balance commerciale, estimé à 22 milliards de dirhams, en 1992.
Les remises des travailleurs marocains à l’étranger ainsi que les recettes touristiques représentent deux postes essentiels de la balance des paiements ; 1,2 million de Marocains résident à l’étranger, parcourant un espace migratoire de plus en plus vaste qui s’étend à toute l’Europe, à la Méditerranée orientale et à l’Amérique du Nord. La diaspora marocaine alimente un flux financier qui n’a cessé de grossir tout au long des années 1980 : 13 milliards de dirhams en 1987 contre 1 milliard en 1973. En dix années, les recettes touristiques ont été multipliées par six (plus de 10 milliards de dirhams). Le nombre des entrées était estimé à près de 3 millions en 1990, dont la moitié en provenance de l’Algérie voisine. L’Europe (1,2 million de touristes) est traditionnellement le premier marché touristique marocain. Les pôles les plus fréquentés demeurent le Sud (région d’Agadir : plus de 20 000 lits) et le Tensift (Marrakech : plus de 16 000 lits). La qualité de l’accueil est satisfaisante ; en témoigne la densité du parc hôtelier et du réseau des transports aériens. Plusieurs aéroports de classe internationale fonctionnent à Casablanca (Mohammed-V), Agadir, Marrakech, Tanger...
Les progrès réalisés, au cours des années d’ajustement structurel, dans la maîtrise des déficits des finances publiques sont notables : le déficit a été ramené à 3,3 p. 100 du P.I.B. en 1990. Cependant, la situation demeure très fragile, tant l’endettement extérieur est élevé (plus de 26 milliards de dollars) et le rééchelonnement de type latino-américain permanent. Jusqu’ici, le Maroc a fait face. Il le doit au dynamisme et à l’abnégation de son peuple. Celui-ci a besoin d’espoir et de justice sociale. L’amélioration des conditions de vie matérielle et démocratique est une tâche nécessaire et urgente ; elle implique une meilleure répartition des revenus, une autre politique sociale.
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